Jouons avec les mots

Dans chaque pays, il existe ces fameuses phrases, appelées ‚virelangues‘ que peu de personnes parviennent à prononcer sans les écorcher. Je vous propose de vous exercer à prononcer ces petites phrases, pourquoi pas entre amis ou avec votre professeur, histoire de passer une bonne petite heure à rigoler!
Mais avant de commencer, un peu d’explications…

Définition

Un virelangue, un casse-langue ou encore un fourchelangue est une phrase caractérisée par sa difficulté de prononciation. Le mot ‚virelangue‘ est un néologisme et un calque du mot anglais ‚tongue-twister‘ (qui fait tordre la langue). Mais il désigne surtout un type de jeu de mots lui-même très ancien.
Les virelangues sont très pratiques dans l’apprentissage du français. Grâce à eux, les Allemands peuvent s’entraîner à prononcer les sons ‚en‘, ‚on‘ et ‚in‘, les Asiatiques les ‚j‘, ‚l‘ et ‚r‘ etc… Mais bien sûr, les Français eux-mêmes s’exercent avec ces fourchelangues pour avoir une meilleure prononciation ; les gens du spectacle – comédiens, acteurs, chanteur… – usent beaucoup de ces phrases!

A vous!!

Essayez de répéter ces phrases sans faire d’accrochage et sans pause…

  • Ces six chauds chocolats-ci sont-ils aussi chauds quand ces six chocolats-là font leurs show ?
  • Piano panier, panier piano.
  • J’ai bu un bien bon verre de bien bon vin blanc vieux.
  • Je veux et j’exige d’exquises excuses ! (avec les liaisons, s’il vous plaît!)
  • Si six scies scient six saucissons, six cent six scies scient six cent six saucissons. Si six sisi scient six citrons, six cent six sisi scient six cent six citrons.
  • Le fisc fixe des taxes excessives au luxe et à l’exquis.
  • La jolie rose jaune de Josette jaunit dans le jardin.
  • L’assassin sur son sein suçait son sang sans cesse… Ciel ! Si ceci se sait, ces soins sont sans succès.
  • Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ? Archisèches !

Vous êtes arrivés à prononcer ce dernier virelangue? Bravo! Alors maintenant vous pouvez chantonner avec Sacha Distel :

Comme les phrases sont ennuyantes, il y a aussi des petites histoires à lire… :

  • Gros gras grand grain d’orge, tout gros-gras-grand-grain-d’orgerisé, quand te dé-gros-gras-grand-grain-d’orgeriseras-tu?
    – Je me dé-gros-gras-grand-grain-d’orgeriserai quand tous les gros gras grands grains d’orge se seront dé-gros-gras-grand-grain-d’orgerisés.
  • Ton thé t’a-t-il ôté ta toux ? disait la tortue au tatou.
    — Mais pas du tout, dit le tatou, je tousse tant que l’on m’entend de Tahiti à Tombouctou.
    — Oui, mon thé m’a ôté ma toux. Si ton thé t’a ôté ta toux, mon thé m’ôtera ma toux !
  • Suis-je chez ce cher Serge ?  Il fait si chaud chez ce cher Serge. Suis-je bien chez ce cher Serge ? Je cherche ce cher Serge. Suis-je bien chez ce cher Serge que je cherche ? Suis-je chez ce cher Serge, qui se sert en cierges chez son sergent-chef ? Je suis ce soir chez ce cher Serge.
  • Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien. Un chasseur sachant chasser le chat sauvage sans son chien est un bon chasseur. Un chasseur sachant chasser sans son chien est un sacré chasseur. Un chasseur sachant chasser sans son chien est un bon chasseur. Un chasseur sachant chasser son chat sans son chien de chasse est un bon chasseur. Qu’un chasseur sachant chasser sur ses échasses sache chasser sans son chien de chasse ! Un chasseur sachant chasser ne chasse jamais sans son chien.

Enfin je vous invite à aller voir cette page de TV5 Les virelangues, sur laquelle vous pouvez écouter et répéter une sélection de virelangues. Amusez-vous bien!

On joue avec les syllabes?

Après s’être entraîné à la prononciation, on peut s’attaquer aux syllabes et essayer de jouer avec les mots.

  • As-tu vu le ver vert vers le verre en verre vert ?
  • Si mon tonton tond ton tonton, ton tonton sera tondu.
  • Un comte comptant ses comptes, content de son comté, raconte un conte, d’un comte con comptant des comptes mécontents, en contant un conte contant un comte con mécontent se contantant d’un compte con en mageant son comté.
  • Kiki était cocotte, et Koko concasseur de cacao. Kiki la cocotte aimait beaucoup Koko le concasseur de cacao. Mais Kiki la cocotte convoitait un coquet caraco kaki à col de caracul. Koko le concasseur de cacao ne pouvait offrir à Kiki la cocotte qu’un coquet caraco kaki mais sans col de caracul. Or un marquis caracolant, caduc et cacochyme, conquis par les coquins quinquets de Kiki la cocotte, offrit à Kiki la cocotte un coquet caraco kaki à col de caracul. Quand Koko le concasseur de cacao l’apprit, que Kiki la cocotte avait reçu du marquis caracolant, caduque et cacochyme un coquet caraco kaki à col de caracul, il conclut : je clos mon caquet, je suis cocu ! (Bernard Haller)

Saurez-vous dire ce texte aussi vite que son auteur? Pas si évident…

Grand Corps malade, dont je vous parlais ici, sait aussi parfaitement „prendre la syllabe au rebond„, comme on peut le voir dans cet extrait d’un de ses textes où il jongle avec les syllabes [per] et [mer] :

Outre les syllabes et les mots, Grand Corps Malade aiment aussi jouer avec les expressions imagées comme dans Le langage du corps. Saurez-vous reconnaître toutes les expressions idiomatiques cachées dans ce texte, simple, mais beau – Il fallait y penser!- ?

Humour?

Certains virelangues sont construits de telle façon à ce que la personne les prononçant dise une obscénité après les avoir répétés plusieurs fois de suite. Je vous laisse découvrir par vous-même le risque auquel vous vous exposez en répétant ces phrases…

  • J’mouille mes coudes, mes coudes mouillent, est-c’-que j’mouille mes coudes ?…
  • L’abeille coule, l’abeille coule, l’abeille coule, ….
  • Le blé se moud-il ? L’habit se coud-il ? Oui le blé se moud, Oui l’habit se coud.
  • Pruneau cuit, pruneau cru, pruneau cuit, pruneau cru, pruneau cuit…
  • Truite cuite, truite crue, truite cuite, truite crue, truite cuite, truite crue…
  • Trois petites truites cuites, trois petites truites crues, Trois petites truites cuites, trois petites truites crues…

Trompe-oreilles

Un trompe-oreilles est une phrase difficile non pas à prononcer, mais à comprendre pour le récepteur en dehors de tout contexte. Ces trompe-oreilles peuvent aussi faire penser à une autre langue, si l’interlocuteur y ajoute sa pointe d’accent.

  •  On se revoit quand ? L’un dit lundi, je dis jeudi. Sam dit samedi ? Ça me dit, samedi !
  • Jeudi ça me dit. Je dis Samedi.
  • Mes mensonges c’est vérité, sévérité même en songe (Jean Cocteau)
  • Mon père est maire de Mamère et mon frère est masseur.
    On comprend : „Mon père est mère de ma mère et mon frère est ma soeur“

On peut s’amuser à faire ses gammes en y cachant des phrases :

  • Sol facile à cirer si la cire est dorée.
    «sol fa si la si ré si la si ré do ré»
  • Domicile adoré, facile à cirer, facile à s’y mirer, si la cire est dorée.
    « do mi si la do ré fa si la si ré fa si la si mi ré si la si ré do ré »

A vous d’essayer de deviner quelles phrases ce cachent derrière ses sons 

1- „Tèlètunèsstèl ? Sitèlètunèss, mèlètunètron.“                        a- Un rat passe, le gay part et Thor tue                                                                                                                           tout le monde                             

2- „lapinicheo.Loinichba. Oulibounichtil? Libounichnioniba.“   b- Pie a haut nid. Caille a bas nid. Rat a ni
                                                                                                              haut ni bas nid.

3- „unrapass,leguèparetortutoulemond“                                      c- La pie niche haut. L’oie niche bas. Où                                                                                                                      l’hibou niche-t-il? L’hibou niche ni haut
                                                                                                              ni bas. 

4- „Piaoni.Caillabani.Raanionibani“ (italien?)                                d- Tes laitues naissent-elles? Si tes
                                                                                                               laitues naissent, mes laitues naîtront.

5- „Alevasesquidistus“ (du latin?)                                                   e- Un ver vert sur un verre vert. L’ami l’a
                                                                                                                 mis là.

6- „Ottagänbärtköjötat“ (de l’allemand?)                                       f- Allez, va! C’est ce qu’ils disent tous.

7- „unverversurunverver. Lamilamila“ (une chanson?)               g- Ote ta gaine, Berthe que je tate.

Les virtuoses des mots

Je ne peux pas faire un article sur les idiomaties et les jeux de mots sans évoquer Raymond Devos, ce virtuose des mots qui savait si savamment parler pour ne rien dire ;-)! Je vous laisse juger par vous même :

Dans la lignée de Raymond Devos et Pierre Desproges, on ne peut passer à côté de  Stephane de Groodt, ancien pilote de course belge,  qui manie les mots avec splendeur… Auriez-vous tout suivi sans les sous-titre? Pas sûr…

L’amour des mots

Pour finir cet article, je vous invite à visionner cette vidéo qui rassemble autour d’une table trois grands  amoureux des mots : Fabrice Luchini, Erik Orsena, Grand Corps Malade, Bernard Cerquiglini

Et une dernière vidéo consacrée à Bernard Pivot, qui a su donné l’amour des livres à toute une génération avec son émission Bouillon de culture, l’amour des mots avec sa dictée (je me souviens des dimanches passés devant la télé à écrire sous la dictée de Pivot et attendre la correction… et se rendre compte du nombre de fautes faites!! 😉 N’hésitez pas à cliquer sur le lien et tentez votre chance en faisant une dictée…)

Aujourd’hui vous pouvez vous régalez tous les jeudis devant La Grande Librairie sur TV5 présentée par François Busnel.

Au plaisir des mots!

 

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