La fête des Lumières

 

 

A Lyon, et dans sa région, le 8 décembre est une tradition depuis des décennies. Chaque Rhônalpin, où qu’il soit, ne manquera pas „son 8 décembre“ en disposant au bord de sa fenêtre des lampions.

 

Par ailleurs demandez à un Lyonnais ce qu’on fête le 8 décembre, il vous répondra à coup sûr :“les Illuminations“ et non „la Fête des Lumières“.

Mais pourquoi des milliers de personnes se promènent ce soir de 8 décembre à travers les rues lyonnaises pour admirer cette ville complètement illuminée… par ses habitants? Et oui, car les Illuminations ce sont bel et bien les Lyonnais eux-mêmes qui les font, du moins bien avant toutes ces techniques splendides de mise en lumière. Lyon doit en effet son nom de „ville Lumière“ à ses habitants, qui disposent des bougies au bord de leur fenêtre.

 

Il existe plusieurs légendes à l’origine de ces Illuminations.
La plus connue raconte qu’au XVième siècle, alors que la Peste ravage, depuis 100 ans déjà, la France entière, les Lyonnais,désespérés, s’en remettent à la Vierge Marie. Ainsi tous les Echevins font le voeu d’aller „toutes les fêtes de la nativité de Notre Dame qui est le huitième jour de septembre, sans robe, néanmoins avec leurs habits habituels, en la chapelle de Fourvière pour ouïr la messe, y faire les prières et les dévotions à la dite Vierge et lui offrir en forme d’hommage et reconnaissance, la quantité de sept livres de cire blanche en cierges et flambeaux et un écu d’or au soleil… et ce pour la disposer à recevoir en sa protection particulière la ville de Lyon…“ extrait du livre de Louis Jacquemin, Histoire des églises de Lyon.
Cette année-là, 1643, l’épidémie se serait arrêtée à Lyon, alors qu’elle continue de tuer nombre de personnes dans le reste de la France. Pour remercier la vierge de sa protection, les Echevins remettent alors à l’évêque de Lyon l’écu d’or et la cire blanche. Et ce voeu est aujourd’hui encore respecté! Chaque 8 septembre, jour de la nativité de la Vierge, un écu d’or est remis à l’évêque de Lyon.
Les Lyonnais par la suite confondront le 8 septembre avec les „Illuminations“. 

Il existe une deuxième légende selon laquelle Marie aurait arrêté les Prussiens avant qu’ils envahissent Lyon.
En appelant à la Vierge, les Lyonnais font le voeu d’ériger une Basilique si Lyon est épargnée de l’invasion allemande. 1870, les Prussiens s’emparent de Dijon, puis arrivés près de Lyon, s’arrêtent. Une Cathédrale est baptie en l’honneur de Marie : sur la colline de Fourvière, à côté de la petite église dominant la ville,  la Basilique de Fourvière prend toute son ampleur.

 

Comme vous le voyez, les Lyonnais s’en remettent très souvent à la Vierge Marie pour échapper à une maladie, à une invasion…
En 1852, on décide de restaurer cette église et de placer sur le clocher une statue de Marie en bronze dorée.

 

Pour inaugurer la statue, la date du 8 septembre sonne comme une évidence. Or ce jour-là, le ciel gronde et Lyon se retrouve sous les eaux, la Saône ayant débordée. L’inauguration est repoussée au 8 décembre, fête de la Vierge également – fête de l’Immaculée Conception -. Mais le ciel n’est pas plus clément : des orages éclatent et la Saône menace de nouveau d’inonder la ville. On pense déjà à reporter la cérémonie quand, Miracle! les nuages semblent être poussés plus loin laissant place à un ciel plus clair. D’instinct les Lyonnais déposent à leurs fenêtres bougies, lampions, lumignions, bougeoirs… La ville restera ainsi éclairée jusqu’aux lueurs matinales.

„Tout à coup apparaissent à quelques fenêtres inconnues des lignes de feu… La ville s’était embrasée en un instant. Bientôt, il ne restait plus, sur la vaste étendue des quais, des rues, des passages ignorés et des cours invisibles, aucune fenêtre obscure. Les petits marchands, les clochers, illuminaient leurs baraques, leurs voitures et jusqu’aux bordures des trottoirs… Quelques feux de Bengale s’allumèrent sur les toits de la chapelle de Fourvière, la statue de la Vierge apparaît et la grosse cloche de Saint Jean, cet éloquent interprète des joies publiques, est lancée à toute volée. A huit heures, la population entière était dans la rue, circulant, paisible, joyeuse et attendrie. On se serrait la main sans se connaître, on chantait des cantiques, on applaudissait, on criait : „Vive Marie ! “ Les étrangers n’en revenaient pas de leur surprise, et les Lyonnais, tout remplis qu’ils étaient de cette fête improvisée, se demandaient comment, en un instant, une population de trois cent mille âmes avait pu être saisie de la même pensée“.

Dès lors, chaque Lyonnais, qu’il soit chrétien ou non, qu’il soit à Lyon ou non, n’oublie pas de mettre sur le bord de sa fenêtre des lampions.

Cela fait vingt ans que je suis en Allemagne et pourtant chaque 8 décembre, je sors mes petits verres avec une bougie et les met sur le bord de ma fenêtre ou à l’extérieur. Cette année était encore mieux que les années précédentes : mon beau-père m’a remis ses propres verres, ces verres à lampions multicolores que je connais de mon enfance. Un 8 décembre comme je les ai vécus petites, au fond dans mon lit bien au chaud à regarder cette flamme vascillée au grés du vent dehors… et m’endormir avec ce sentiment de douceur et de protection.

Depuis quelques années, les Illuminations sont devenues la Fête des Lumières et Lyon attire des millions de visiteurs chaque week-end du 8 décembre. Ils viennent assister à un spectacle „spectaculaire“ empli de magie et … de lumière. Je vous laisse apprécier par vous mêmes :

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