Le dormeur du Val

Dans mon précédent article sur le film „Luna„, je citais ce poème d’Arthur Rimbaud, „Le dormeur du val“. Ce poème a tout une histoire pour moi. Il était affiché dans l’entrée de ma grande tante, inscrit sur un parchemin. A chaque fois que je lui rendais visite, je lisais ce sonnet qui à chaque lecture me touchait au cœur .

Pourquoi la comparaison entre ce sonnet et le film „Luna“? Tous deux déposent un cadre féérique empli de couleurs et d’illuminations, propice aux rêves et aux amours. La rivière coule dans ce petit val, tout comme on l’apperçoit dans le film. Elle chante la douceur, le calme, la joie de vivre.
Le soldat, on se le réprésente jeune et insouciant. Mais on note une ambiguité déjà tout comme chez Alex. Chez le soldat, elle se connote par la pâleur de son visage face à la lumière chaude du soleil. Alex, sous son air d’insouciance qui se prend d’amour pour Luna, semble léger mais intérieurement il pèse sous le poids de ce qu’il a vécu.
Tout comme chez Rimbaud où la mort est omniprésente, dans le film c’est ce drame qui est omniprésent. Il pèse sur les protagonistes comme un rocher instable en haut d’une montagne.

La comparaison est sans aucun doute beaucoup trop poussée… Je consens. Dans l’un il est question de guerre, de massacre et de mort, dans l’autre de délires de jeunes, de leurs drames et de leurs conséquences. Pourtant j’y vois un rapprochement : un  cri de révolte contre les assasinats de jeunes soldats d’un côté et un cri de révolte contre des actes horribles de l’autre. Ce soldat allongé dans l’herbe, Alex qui danse au rythme de sa trompette, cet homme que vous rencontrez sur le chemin du travail nous ne les connaissons qu’en apparence. Que se passe-t-il vraiment au fond d’eux, au fond de toi, de moi?
Ce n’est pas évident d’oser s’approcher un peu plus de ce soldat qui semble si paisible dans sa sieste, de protéger Alex de ses sentiments intérieurs, de faire parler cet homme dont on ne connaît pas grand chose. Et si on osait… si on avait osé…
Les apparences sont trompeuses et nous jouent bien des tours.

Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

2 Kommentare

  1. Ein unglaublich ergreifendes Gedicht!
    Leider habe ich in der Originalversion fast nichts verstanden, aber es gibt eine sehr gelungene Übersetzung von Stefan George (1868-1933):

    Der Schläfer im Tal

    Ein grüner Winkel den ein Bach befeuchtet
    Der toll das Gras mit Silberflecken säumt ·
    Wohin vom stolzen Berg die Sonne leuchtet –
    Ein kleiner Wasserfall von Strahlen schäumt.

    Ein Kriegsmann jung barhaupt mit offnem Munde
    Den Nacken badend in dem blauen Kraut
    Schläft unter freiem Himmel, bleich, am Grunde
    Gestreckt, im grünen Bett vom Licht betaut.

    Ein Strauch deckt seine Füße. Wie ein Kind
    Lächelnd das krank ist hält er seinen Schlummer.
    Natur umhüll ihn warm! es friert ihn noch.

    Ihm zuckt die Nase nicht vom duftigen Wind.
    Er schläft im Sonnenschein, die Hand auf stummer
    Brust – auf der rechten ist ein rotes Loch.

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